Avant d'écrire une vitesse ou une force, il faut savoir manipuler les vecteurs qui les portent. Ce chapitre rassemble les outils dont la mécanique se sert sans cesse : produits scalaire, vectoriel et mixte, projection, dérivée d'un vecteur qui tourne, puis gradient et rotationnel, qui servent à reconnaître une force conservative.
Produit scalaire et projection.a⋅b=∥a∥∥b∥cosα=axbx+ayby+azbz en base orthonormée, α étant l'angle des deux vecteurs. La composante de a selon un vecteur unitaire u est a⋅u ; sa projection orthogonale sur cette direction, (a⋅u)u.
Produit vectoriel.a∧b est orthogonal à a et à b, de norme ∥a∥∥b∥sinα, et (a,b,a∧b) est direct ; il est antisymétrique, nul pour deux vecteurs colinéaires, et ux∧uy=uz dans une base orthonormée directe.
Produit mixte et double produit vectoriel.(a∧b)⋅c est le volume orienté du parallélépipède construit sur les trois vecteurs, nul s'ils sont coplanaires. Le produit vectoriel n'est pas associatif : a∧(b∧c)=(a⋅c)b−(a⋅b)c.
Dérivée d'un vecteur. Dans une base fixe, on dérive les composantes. Un vecteur de norme constante est orthogonal à sa dérivée : pour ur=cosθux+sinθuy et uθ=−sinθux+cosθuy, dtdur=θ˙uθ et dtduθ=−θ˙ur.
Champs et dérivées partielles. Un champ scalaire associe un nombre à chaque point, comme une énergie potentielle Ep(x,y,z) ; un champ vectoriel, un vecteur, comme une force. ∂x∂f se calcule en dérivant par rapport à x, les autres variables fixées.
Gradient et rotationnel. Avec ∇=ux∂x∂+uy∂y∂+uz∂z∂ : gradf=∇f, qui vérifie df=gradf⋅dOM, et rotF=∇∧F. Une force de rotationnel nul dans tout l'espace dérive d'une énergie potentielle : F=−gradEp.
Ce qui est attendu à l'examen
Calculer un produit scalaire, vectoriel ou mixte en composantes, et en déduire un angle, une aire ou un volume.
Projeter une force sur des axes bien choisis, comme le poids sur les axes d'un plan incliné, en contrôlant les cas limites.
Dériver un vecteur écrit dans une base mobile, en dérivant aussi les vecteurs de base.
Calculer un gradient et un rotationnel en cartésiennes, décider si une force est conservative et trouver son énergie potentielle.
Simplifier un double produit vectoriel comme ω∧(ω∧OM), qui apparaît dans les référentiels en rotation.
L'erreur classique
Échanger sinus et cosinus dans une projection
Sur un plan incliné d'un angle α, on prend ux le long de la pente vers le bas et uy normal au plan vers le haut, et on lit souvent « Px=mgcosα ». Le cas limite α=0 montre l'erreur : sur un plan horizontal, le poids n'a pas de composante le long du plan, alors que cos0=1.
On projette par le produit scalaire : l'angle entre P et ux vaut 2π−α, celui entre P et uy vaut π−α. D'où
Px=mgsinα,Py=−mgcosα.
Second contrôle, α=2π : le plan est vertical, et l'on trouve bien Px=mg et Py=0.
Exemples corrigés
Exemple 1 — Aire, normale et volume par les produits
Dans un repère orthonormé direct, les longueurs étant en mètres, on donne A(1,0,0), B(0,2,0) et C(0,0,3). Calculer l'aire du triangle ABC, un vecteur unitaire normal à son plan, puis le volume du tétraèdre OABC.
de norme 36+9+4=7. L'aire du triangle est la moitié de celle du parallélogramme : 3,5m2, et n=71(6,3,2) est unitaire et normal au plan ABC. Le volume du tétraèdre est le sixième du produit mixte, en valeur absolue : 61(OA∧OB)⋅OC=61∣2uz⋅3uz∣=1m3.
Exemple 2 — Reconnaître une force conservative
Dans le plan (O,ux,uy), un point est soumis à la force F=a(y2ux+2xyuy), avec a=3N⋅m−2. Montrer que F dérive d'une énergie potentielle, la calculer, puis en déduire le travail de F de O au point B(1m,2m).
Corrigé
F n'a pas de composante selon uz et ne dépend pas de z : seule la composante de son rotationnel selon uz peut être non nulle, et
(rotF)z=∂x∂Fy−∂y∂Fx=2ay−2ay=0.
F dérive donc d'une énergie potentielle. De −∂x∂Ep=ay2, on tire Ep=−axy2+g(y) ; puis −∂y∂Ep=2axy−g′(y)=2axy impose g constante. Ainsi Ep=−axy2+cte, et le travail ne dépend pas du chemin :
WO→B=Ep(O)−Ep(B)=axByB2=3×1×22=12J.
Exemple 3 — Un double produit vectoriel en rotation
Soit ω=ωuz, et H le projeté orthogonal d'un point M sur l'axe Oz. Montrer que ω∧(ω∧OM)=−ω2HM, puis calculer ce vecteur pour ω=2,0rad⋅s−1 et M(3m,0,4m).
Corrigé
La formule du double produit donne
ω∧(ω∧OM)=(ω⋅OM)ω−ω2OM=ω2OH−ω2OM=−ω2HM,
car (ω⋅OM)ω=ω2(OM⋅uz)uz et (OM⋅uz)uz=OH est la projection de OM sur l'axe. Le résultat est dirigé de M vers l'axe.
Ici HM=3ux en mètres, donc le vecteur vaut −12ux en m⋅s−2. Vérification directe : ω∧OM=2uz∧(3ux+4uz)=6uy, puis 2uz∧6uy=−12ux. C'est l'accélération d'un point qui tourne uniformément autour de Oz.
Andek chi soual ?
Questions fréquentes sur ce chapitre
Comment savoir si une force dérive d'une énergie potentielle ?
On calcule son rotationnel. S'il n'est pas nul, la force n'est pas conservative. S'il est nul dans tout l'espace, la force dérive d'une énergie potentielle, que l'on obtient en intégrant ses composantes l'une après l'autre ; son travail entre deux points ne dépend alors pas du chemin suivi.
Pourquoi un vecteur unitaire qui tourne a-t-il une dérivée non nulle ?
Parce que sa direction change, même si sa norme reste égale à 1. Sa dérivée est perpendiculaire au vecteur lui-même, et sa norme est la vitesse angulaire de rotation. C'est pourquoi les vecteurs des bases polaire, cylindrique et sphérique doivent être dérivés, alors que ceux d'une base cartésienne fixe ne le sont pas.
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