La cinématique décrit le mouvement sans en chercher les causes : position, vitesse et accélération d'un point dans un référentiel donné. Le choix des coordonnées en est le premier geste : cartésiennes pour une trajectoire rectiligne, polaires ou cylindriques dès qu'il y a rotation autour d'un axe, sphériques pour un mouvement autour d'un point.
Vecteurs cinématiques. Dans un référentiel R d'origine O : v=dtdOM et a=dtdv, dérivées prises dans R ; trajectoire, équations horaires, et hodographe, la courbe décrite par l'extrémité de v tracé depuis un point fixe.
Cartésiennes. La base (ux,uy,uz) est fixe : on dérive les seules composantes, v=x˙ux+y˙uy+z˙uz et a=x¨ux+y¨uy+z¨uz.
Polaires (mouvement plan) : OM=rur, θ étant l'angle orienté de ux à OM ; la base (ur,uθ) tourne avec le point, et v=r˙ur+rθ˙uθ, a=(r¨−rθ˙2)ur+(rθ¨+2r˙θ˙)uθ.
Cylindriques : les polaires complétées par la cote z, r désignant la distance à l'axe Oz ; OM=rur+zuz, et la vitesse et l'accélération reçoivent les termes z˙uz et z¨uz.
Sphériques(r,θ,φ) : r=OM, cette fois distance à O ; θ∈[0,π], angle entre uz et OM ; φ, angle autour de Oz. Alors OM=rur et v=r˙ur+rθ˙uθ+rsinθφ˙uφ.
Mouvements types. Rectiligne, uniforme ou uniformément varié ; circulaire de rayon R, avec a=−Rθ˙2ur+Rθ¨uθ, centripète et de norme Rv2 s'il est uniforme ; hélicoïdal, rotation uniforme autour de Oz et translation uniforme le long de Oz.
Uniforme, accéléré, ralenti. Comme dtd(v2)=2v⋅a, le mouvement est accéléré si v⋅a>0 et ralenti si v⋅a<0 ; uniforme ne veut pas dire sans accélération dès que la trajectoire est courbe.
Ce qui est attendu à l'examen
Choisir le système de coordonnées adapté au mouvement et exprimer OM dans la base correspondante.
Établir la vitesse et l'accélération en polaires ou en cylindriques en dérivant aussi les vecteurs de base, plutôt que de réciter les formules.
Passer d'un système à l'autre : x=rcosθ, y=rsinθ, et écrire ur et uθ dans la base cartésienne.
Trouver l'équation de la trajectoire en éliminant le temps entre les équations horaires, et décrire l'hodographe.
Calculer une norme de vitesse ou d'accélération, une période, le pas d'une hélice, et dire si le mouvement est uniforme, accéléré ou ralenti.
L'erreur classique
Dériver les composantes sans dériver la base
À partir de v=r˙ur+rθ˙uθ, on écrit parfois a=r¨ur+dtd(rθ˙)uθ. Pour un mouvement circulaire uniforme, cette formule donne a=0, alors que la vitesse change de direction à chaque instant.
La base polaire tourne avec le point : il faut aussi dériver ur et uθ, avec dtdur=θ˙uθ et dtduθ=−θ˙ur :
a=r¨ur+r˙θ˙uθ+(r˙θ˙+rθ¨)uθ−rθ˙2ur,
soit a=(r¨−rθ˙2)ur+(rθ¨+2r˙θ˙)uθ. Les termes oubliés, −rθ˙2ur et un second r˙θ˙uθ, viennent de la rotation de la base.
Exemples corrigés
Exemple 1 — Un mouvement hélicoïdal
En coordonnées cylindriques, un point se déplace selon r=R, θ=ωt et z=bt, avec R=0,40m, ω=2,0rad⋅s−1 et b=0,60m⋅s−1. Calculer sa vitesse et son accélération, le pas de l'hélice, et décrire l'hodographe.
Corrigé
Avec r˙=0, θ˙=ω, θ¨=0 et z˙=b, les formules des cylindriques donnent
v=Rωuθ+buz,a=−Rω2ur.
Vitesse : (Rω)2+b2=0,802+0,602=1,0m⋅s−1, constante : le mouvement est uniforme.
Accélération : dirigée vers l'axe, de norme Rω2=0,40×2,02=1,6m⋅s−2.
Pas : un tour dure ω2π≈3,14s, pendant lesquels le point monte de ω2πb≈1,9m.
Hodographe : un cercle de rayon Rω=0,80m⋅s−1, dans le plan vz=b.
Exemple 2 — Une spirale parcourue à vitesse angulaire constante
Un point décrit, en polaires, la spirale r=r0ekθ avec θ=ωt, où r0, k et ω sont des constantes positives. Montrer que l'angle entre v et ur est constant, et exprimer la norme de l'accélération en fonction de r.
Corrigé
On dérive r=r0ekωt : r˙=kωr et r¨=k2ω2r, avec θ˙=ω et θ¨=0.
Vitesse.v=kωrur+ωruθ : l'angle β entre v et ur vérifie tanβ=vrvθ=k1, indépendant du point. C'est la spirale logarithmique, dite aussi équiangle.
Accélération.
a=(r¨−rθ˙2)ur+2r˙θ˙uθ=(k2−1)ω2rur+2kω2ruθ.
Comme (k2−1)2+4k2=(k2+1)2, on obtient ∥a∥=(1+k2)ω2r : l'accélération est proportionnelle à la distance au centre.
Exemple 3 — Un virage pris en accélérant
Une voiture, assimilée à un point, part du repos sur une piste circulaire de rayon R=100m, avec une accélération tangentielle constante at=1,5m⋅s−2. Calculer sa vitesse et la norme de son accélération au bout de 10s.
Corrigé
En polaires centrées sur la piste, avec θ croissant dans le sens du mouvement : r=R, donc v=Rθ˙uθ et a=−Rθ˙2ur+Rθ¨uθ. La composante tangentielle Rθ¨=at est constante, donc v=att=15m⋅s−1 à t=10s.
La composante normale vaut alors Rθ˙2=Rv2=100152=2,25m⋅s−2, vers le centre, d'où
∥a∥=2,252+1,52≈2,7m⋅s−2.
La composante centripète croît comme t2 et finit par dominer.
Andek chi soual ?
Questions fréquentes sur ce chapitre
Pourquoi l'accélération n'est-elle pas nulle dans un mouvement circulaire uniforme ?
Parce que la vitesse change de direction à chaque instant, même si sa norme reste constante. L'accélération mesure la variation du vecteur vitesse, pas seulement celle de sa norme. Dans un mouvement circulaire uniforme de rayon R, elle est dirigée vers le centre et vaut v au carré divisé par R.
Quand utiliser les coordonnées cylindriques plutôt que cartésiennes ?
Dès que le mouvement s'organise autour d'un axe : rotation, trajectoire circulaire, hélice, point qui glisse sur une tige en rotation. La distance à l'axe et l'angle deviennent alors des fonctions simples du temps, souvent constantes ou proportionnelles à t. En cartésiennes, le même mouvement demanderait des sinus et des cosinus à chaque ligne.
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