Les nombres complexes prolongent les réels par un nombre i tel que i² = -1. On les écrit sous forme algébrique, trigonométrique ou exponentielle, et le choix de la forme fait une bonne part du calcul : l'algébrique pour additionner, l'exponentielle pour multiplier, élever à une puissance ou extraire une racine. Ils traduisent aussi la géométrie du plan en calculs.
Forme algébrique. Tout z∈C s'écrit de façon unique z=a+ib, avec a=Rez et b=Imz réels. Le conjugué z=a−ib vérifie zz=a2+b2 : pour mettre un quotient sous forme algébrique, on multiplie par le conjugué du dénominateur.
Module.∣z∣=a2+b2=zz ; ∣zz′∣=∣z∣∣z′∣, z′z=∣z′∣∣z∣ pour z′=0, et l'inégalité triangulaire ∣z+z′∣≤∣z∣+∣z′∣.
Argument, formes trigonométrique et exponentielle. Tout z=0 s'écrit z=r(cosθ+isinθ)=reiθ, avec r=∣z∣>0 et un argument θ défini à 2π près. Dans un produit, les modules se multiplient et les arguments s'ajoutent : reiθ×r′eiθ′=rr′ei(θ+θ′).
Moivre et Euler.(cosθ+isinθ)n=cos(nθ)+isin(nθ) pour n∈Z, et cosθ=2eiθ+e−iθ, sinθ=2ieiθ−e−iθ. La première formule exprime cos(nθ) et sin(nθ) à l'aide de cosθ et sinθ ; les deux autres linéarisent cosnθ et sinnθ.
Racines n-ièmes. Pour n≥1, les racines n-ièmes de l'unité sont les e2ikπ/n, 0≤k≤n−1, et leur somme est nulle si n≥2. Un complexe non nul ρeiα, avec ρ>0, a exactement n racines n-ièmes : les ρ1/nei(α+2kπ)/n, 0≤k≤n−1.
Équations du second degré. Pour a,b,c∈C avec a=0, les solutions de az2+bz+c=0 sont 2a−b±δ, où δ est une racine carrée complexe de Δ=b2−4ac. On calcule δ=x+iy grâce à x2−y2=ReΔ, 2xy=ImΔ et x2+y2=∣Δ∣.
Géométrie. Si A, B, C ont pour affixes a, b, c, avec A=B et A=C, alors AB=∣b−a∣ et un argument de b−ac−a mesure l'angle orienté (AB,AC). Les applications z↦z+u, z↦eiθz et z↦kz, avec k réel non nul, sont une translation, une rotation et une homothétie de centre O.
Ce qui est attendu à l'examen
Passer d'une forme à l'autre : module et argument d'un complexe donné sous forme algébrique, forme algébrique d'un complexe donné par son module et son argument.
Calculer une puissance ou un quotient par la forme exponentielle, et en déduire des valeurs exactes de cosinus et de sinus.
Linéariser cos3θ ou sin2θcosθ par les formules d'Euler, et exprimer cos(3θ) en fonction de cosθ par la formule de Moivre.
Déterminer les racines n-ièmes d'un complexe, sous forme exponentielle puis sous forme algébrique quand c'est possible.
Résoudre une équation du second degré à coefficients complexes, en calculant une racine carrée du discriminant sous forme algébrique.
Traduire une configuration géométrique (alignement, orthogonalité, triangle équilatéral) par une condition sur les affixes.
L'erreur classique
Prendre arctan(b/a) pour un argument de a + ib
Pour z=−1−i3, on écrit tanθ=−1−3=3, puis « θ=3π ». C'est faux : 2eiπ/3=1+i3, c'est-à-dire −z. La tangente ne distingue pas θ de θ+π, et arctan ne prend que des valeurs de ]−2π,2π[ : la formule θ=arctanab ne donne un argument de a+ib que si a>0.
La méthode sûre : calculer r=∣z∣, puis chercher θ tel que cosθ=raetsinθ=rb. Ici r=1+3=2, cosθ=−21 et sinθ=−23, donc θ≡−32π(mod2π) et z=2e−2iπ/3.
Même vigilance avec un « module » négatif : −2eiπ/5 a pour module 2 et pour argument 5π+π=56π, puisque −1=eiπ.
Exemples corrigés
Exemple 1 — Un quotient sous deux formes
Soit w=3−i1+i. Écrire w sous forme algébrique et sous forme exponentielle, en déduire cos125π, puis calculer w12.
Corrigé
Forme algébrique. On multiplie par le conjugué du dénominateur, de module au carré 3+1=4 :
w=4(1+i)(3+i)=4(3−1)+i(3+1).
Forme exponentielle.1+i=2eiπ/4 et 3−i=2e−iπ/6, donc
w=22ei(π/4+π/6)=22e5iπ/12.
Valeur exacte. En identifiant les parties réelles, 22cos125π=43−1, d'où cos125π=223−1=46−2.
Puissance.w12=(22)12e5iπ=641×(−1)=−641.
Exemple 2 — Les racines quatrièmes d'un complexe
Résoudre dans C l'équation z4=−8+8i3, et donner les solutions sous forme algébrique.
Corrigé
On écrit le second membre sous forme exponentielle : ∣−8+8i3∣=64+192=16, et
−8+8i3=16(−21+i23)=16e2iπ/3.
Les solutions sont les zk=161/4ei(2π/3+2kπ)/4=2ei(π/6+kπ/2), pour k∈{0,1,2,3}. La première vaut z0=2eiπ/6=3+i, et chacune des suivantes s'obtient en multipliant la précédente par eiπ/2=i :
z0=3+i,z1=−1+i3,z2=−3−i,z3=1−i3.
Vérification sur z0 : (3+i)2=2+2i3, puis (2+2i3)2=4−12+8i3=−8+8i3. Les quatre points images forment un carré centré en 0.
Exemple 3 — Une équation du second degré à coefficients complexes
Résoudre dans C l'équation z2−(2+3i)z−5+5i=0.
Corrigé
Le discriminant vaut
Δ=(2+3i)2−4(−5+5i)=(4+12i−9)+20−20i=15−8i.
On cherche δ=x+iy tel que δ2=Δ : x2−y2=15, 2xy=−8 et, en égalant les modules, x2+y2=∣Δ∣=225+64=17. On en tire x2=16 et y2=1, avec xy<0 : δ=4−i convient. Les solutions sont
z1=22+3i+4−i=3+i,z2=22+3i−4+i=−1+2i.
Contrôle : z1+z2=2+3i et z1z2=(3+i)(−1+2i)=−5+5i, comme l'annoncent les coefficients de l'équation.
Andek chi soual ?
Questions fréquentes sur ce chapitre
Pourquoi parle-t-on d'un argument et non de l'argument ?
Parce qu'un complexe non nul a une infinité d'arguments, qui diffèrent d'un multiple de 2π : 1 + i a pour arguments π/4, 9π/4 ou -7π/4. On en choisit souvent un dans l'intervalle ]-π, π], appelé argument principal. Le nombre 0, lui, n'a pas d'argument.
Combien l'équation z^n = a a-t-elle de solutions ?
Si a est un complexe non nul et n un entier au moins égal à 1, elle a exactement n solutions. On les obtient toutes en multipliant l'une d'elles par les n racines n-ièmes de l'unité ; leurs points images sont régulièrement répartis sur un cercle de centre 0. Si a = 0, la seule solution est 0.
Peut-on parler de la racine carrée d'un nombre complexe ?
On évite la notation racine carrée pour un complexe qui n'est pas un réel positif. Tout complexe non nul a deux racines carrées opposées, sans que l'une soit privilégiée, et la règle « racine de ab égale racine de a fois racine de b » devient fausse : avec a = b = -1, elle conduirait à 1 = -1. On parle donc d'une racine carrée δ de Δ, c'est-à-dire d'un complexe tel que δ² = Δ.
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